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<< What you get is what you see
it won't take much to get hooked on me
so shoot me right into your skin
and I will be your heroin >>
Paris,
25 Juin 2008,
22h40
___________________________________________________ « Salope »
_____À l'heure où les plus sages d'entre vous sont plantés devant une quelconque comédie française appelée plus communément navet , je me trouve accroupie au dessus de cette cuvette suintant le luxe à des kilomètres à la ronde . Les plus sages seulement . Ma mère aurait dit les plus purs , mais comme d'habitude , elle se serait trompée . Personne ne devrait avoir l'arrogance de pouvoir qualifier ce monde infâme de pur . À l'heure où des milliers d'adolescents noient leurs illusions dans une bouteille de rosé achetée chez le petit arabe du coin .
___________________________________________________ « Traînée »
_____Moi , June , fille unique d'une mère morte le jour de mes 9 ans et d'un père possédant comme revenu mensuel l'équivalent de ce que vous peinez à gagner en 10 ans de dure labeur , je suis en ce 25 Juin en train de vomir tout ce que j'ai pu ingurgiter depuis ces dernières 24 heures avec pour fond sonore , les insultes d'un de mes ex , si je peux l'appeler ainsi , qui n'a décemment pas aimé que je me serve de lui pour assouvir une de mes pulsions sexuelles .
___________________________________________________ « Baisée »
_____Comme ce pauvre héroïnomane s'obstine à me le rappeler , je suis une pute . Du même genre que celle du roman « Hell » de Lolita Pill . Une pétasse de premier choix . Tout comme Hell , je vis dans le XVI ème et ne fréquente que des fils et filles de . Tout comme Hell , je suis alcoolique , cocaïnée et je baise avec tout ce qui possède au moins le compte en banque de mon père . Tout comme Hell , je suis une désillusionnée qui ne croit plus en l'espèce humaine et qui haïs tous ses semblables .
___________________________________________________ « Salope »
_____Cet imbécile n'est même pas capable de trouver d'autres noms , et pourtant , ce n'est pas ça qui manque . Fille à papa , pute de luxe , fille de joie , fille de la nuit , allumeuse , trouée . . . Et tous me qualifient . Je n'éprouve ni honte , ni regret . Ces mots ne font même pas partis de mon vocabulaire . Je suis une de ces pétasses de la pire espèce , de celle que vous haïssez pour ses m½urs et que vous enviez pour son fric . Une de ces traînées sur lesquelles vos hommes , copains , amis , époux , conjoints bandent à s'en faire mal .
« June , tu n'as plus rien dans l'estomac maintenant . Sors de là petite pute . »
_____Mais quand ce connard va - t - il enfin fermer sa gueule ?! J'essuie les coins de ma bouche et jette le papier dans la cuvette avant de tirer la chasse . Je sors de la cabine , me lave les mains et ignore totalement le regard plein de reproches du sale crevard qui m'observe en silence . Je m'observe quelques instants dans le miroir qui me fait face et repositionne correctement ma robe Prada toute neuve . Je m'apprête à sortir des toilettes , mon père devant m'attendre depuis maintenant 10 bonnes minutes . Nous sommes mercredi , et c'est le soir de mon dîner mensuel avec mon cher paternel , dîner que je me force à supporter en ne pensant qu'aux nombreux chèques qu'il signera à sa petite fille chérie si je me tiens correctement . Une main se pose sur mon poignet , m'empêchant d'aller plus loin .
« Bon dieu June , t'en a pas marre d'être une traînée ?! Quel mec ne t'a pas encore baisé dans Paris ?! »
« Ecoute chéri , j'avais envie de tirer mon coup , dis-toi que tu t'es trouvé au bon moment , au bon endroit . C'est tout . Tu devrais être content , d'après ce que j'ai compris , ça fait longtemps que tu t'étais pas vidé .»
_____Je dégage mon poignet de ses mains de tapettes et je me dirige droit vers mon père , un sourire hypocrite plaqué au visage . Ce n'est pas que je n'aime pas mon père , quoi que la question est encore à revoir , c'est juste que depuis mes 14 ans , il ne représente pour moi qu'un compte en banque sur pied . Il le sait et l'a toujours su , mais il se voile la face . Il tient trop à moi pour me refuser quoi que ce soit de toutes façons . Et même si je n'aime pas particulièrement me servir de lui , je n'oublie pas que ma vie se résume aux nombres de zéros inscrits sur ses chèques . Je m'assois en face de mon père et l'écoute me parler de son quotidien . Quelle dure vie que celle d'un milliardaire comme lui . . . Entre ses voyages d'affaires à Shanghai et ses vacances à Ibiza , il fut tout de même fière de me préciser qu'il est toujours fidèle à nos rendez - vous mensuels . Chouette alors ! Je lui répondis en gloussant un « Encore heureux . » faussement joyeux . L'heure passait à une lenteur maladive et je ne montrais pourtant aucuns signes d'impatience . A l'exception près , peut-être , de mon café brûlant que j'avalais d'une seule traite m'arrachant une grimace de douleur et un petit gémissement de souris . Mon géniteur me couvait de ses yeux de papa comblé qui me donnait la nausée plus qu'autre chose , puis il me sourit de toutes ses dents .
« Tu es toujours aussi impulsive ma petite puce .»
« Papa , je t'en prie , je ne suis plus une enfant . Je vais devoir te laisser , tu sais , depuis que je ne vais plus aux Rallyes organisés par les parents de Sérena , ça n'arrête pas de jaser , et ce soir , elle organise une petite sauterie , ce n'est pas grand chose juste histoire de faire taire les rumeurs . »
« Très bien , mais pourquoi ne te rends - tu plus à ces Rallyes ?! Ses parents sont pourtant sympathiques . . . »
_____Pauvre vieux , s'il savait seulement à quoi ressemble ces Rallyes . . . Du Champagne coulant à flot , des CD de Jagger à fond dans les tympans , la coke respirable à plein nez , de la fumée plein les poumons et surtout des partouses géantes . Il faut le voir pour le croire . Tout le monde a déjà baisé avec tout le monde , mais ça ne les empêche pas de le refaire . Mais la raison pour laquelle je ne m'y rends plus est bien simple , les parents de Sérena sont tous simplement fauchés , un mot qui m'arrache un frisson rien qu'en y pensant . Les invités , tous plus riches les uns que les autres amènent tellement de choses à chaque fois , que pour le moment ses petites sauteries ne sont pas marquées par son retour dans la classe moyenne . Pauvre d'elle . Après avoir vécu si longtemps dans cette prison dorée . . . Mais pas le temps de m'apitoyer sur son sort plus longtemps , je débite une quelconque explication à mon père pour satisfaire sa curiosité et sors rapidement du restaurant . Dehors un taxi appelé à l'avance m'attend . Il est 23h30 et ma soirée ne fait que commencer . . .
Oh I will be your heroin .